La moitié d’un duo

Vous vous souvenez des Milk Carton Kids, duo dont j’avais osé comparer les harmonies vocales à celles des Byrds ou de Crosby, Stills and Nash ? Eh ben, les revoilà. Enfin, les revoilà en partie : n’ayant pu trouver une vidéo de qualité dans laquelle ils interprètent ensemble, et en live, l’envoutant morceau intitulé « Laredo », j’ai dû me rabattre sur un enregistrement de la même chanson par le seul Kenneth Pattengale, guitariste solo de la remarquable paire.

Au diable l’avarice : voici la version enregistrée en duo, en 2011, pour l’album « Retrospect » (à cette époque, les deux musiciens se présentaient encore sous leurs noms personnels et non comme les Milk Carton Kids). J’ai tendance à préférer celle-ci.

Just send your fuckin’ condolence to fear

Alors, comme ça, il existait un Benjamin Clementine là-dehors et personne ne m’en avait rien dit ?!? Je vous retiens, vous !

Chuchotements (Escale au Burundi)

On dit que les chanteurs du Burundi ont développé un chant à voix chuchotée afin de ne pas couvrir le son de l’inanga, une cithare en forme de cuvette qui produit des sonorités plutôt faibles, bien que très mélodieuses. Je ne saurais toutefois vous certifier que cette explication soit la bonne ou la seule à prendre en compte puisqu’il se trouve que, dans le Rwanda voisin, où l’on joue aussi de l’inanga, les chanteurs ne chuchotent point. Mais, quand bien même je serais assez versé dans les musiques atypiques, ce n’est pas tant la singularité de ce chant burundais que son extraordinaire beauté qui m’incite à vous en proposer aujourd’hui.

Lève-toi et folk

Il y a deux types de l’autre côté de l’océan Atlantique qui, mine de rien, sont en train de ressusciter la folk et la délicatesse (oui, la délicatesse – quelqu’un se souvient de ce mot aujourd’hui tombé en désuétude ?) Ils s’appellent les Milk Carton Kids et, pour trouver des mélodies et des harmonies vocales d’une élégance et d’un raffinement comparables, je crois bien qu’il faut remonter aux Byrds ou à Crosby, Stills and Nash.

Pour info, sachez que leurs deux premiers albums sont en téléchargement gratuit sur le site officiel

Americana bis

Après l’intense Shakey Graves, voici l’intense Parker Millsap, des boutons d’acné sur le visage et une maîtrise qui laisse à penser qu’il a vécu plus longtemps, et plus souvent, que des types deux fois plus âgés que lui. Le talent de ce jeune homme est époustouflant.

Contrairement au monde qui l’entoure, l’Americana (fusion de différents styles américains) a un putain de bel avenir devant elle.

Musique !

Je kiffe Graves

Après avoir planché quelques minutes sur une introduction qui rende à Shakey Graves (né Alejandro Rose-Garcia) l’ardent hommage qu’il mérite indéniablement, j’ai fini par arriver à la conclusion que je ne ferais jamais mieux ni plus imagé qu’une youtubeuse particulièrement enthousiasmée par la délicieuse expérience : « I need to remove my panties. »

Houria Aïchi

Ce matin encore, je ne connaissais pas plus la chanteuse algérienne Houria Aïchi que le genre musical berbère que l’on nomme Chaoui. Mais ça, c’était avant ma troisième tasse de café éthiopien. Et avant que je ne découvre que mon mug attitré, que je croyais fabriqué en Chine, provenait en fait d’une poterie anglaise.

Dialogues de civilisations (9ème partie)

Permettez-moi de vous emmener vers un rivage, encore non répertorié dans les atlas de ce bas monde, où se rencontrent, s’entrelacent et s’unissent l’Espagne, l’Iran et la Syrie.

Mari Boine

Il y a longtemps, très longtemps, que j’aurais dû rendre hommage à Mari Boine, remarquable chanteuse lapone malheureusement fort peu connue sous nos latitudes latines.

Note : il manque, hélas, une poignée de secondes à la première des trois vidéos ci-dessous.

Elle fume (et ça lui va bien)

Je viens, à l’instant même, de découvrir Concha Buika et, déjà, je l’aime.

Ivresses, le Sacre de Khayyam

Si, en ce week-end de Pâques, vous disposez de 73 minutes, alors n’hésitez pas à les consacrer à la vidéo ci-dessous. Il se pourrait bien que vous en ressortiez absolument conquis.

« L’islam et l’ivresse, l’arabe et le persan, un homme et une femme… De quoi mettre sens dessus dessous les simplifications en vigueur. Lui est ­iranien, elle est tunisienne. Ils chantent les Rubaiyat, les ­fameux quatrains d’Omar Khayyam, illustre savant et philosophe persan du XIe siècle qui écrivit, en catimini, des poèmes sur le vin et ses vertus, publiés seulement après sa mort.

Pour mettre en musique ces odes à la tolérance et à l’hédonisme (« le vin pur de l’amour et de la liberté »), le compositeur et joueur de luth tar Ali Ghamsary s’est appuyé sur les modes communs aux musiques arabe et persane. Pour les interpréter, deux voix d’exception. Le Téhéranais Alireza Ghorbani a déjà amplement fait ses preuves dans le grand répertoire persan, qu’il revisite avec un charisme envoûtant, aux frontières de l’extase. La Tunisienne Dorsaf Hamdani se spécialise, avec un réel talent, dans l’ornementation moyen-orientale, parfois teintée d’arabo-andalou du Maghreb… [Ce concert] consacre leur audacieux duo sur les enjôleuses envolées de la vièle kamantché de Sohrab Pournazeri, tandis que l’oud de Sofiane Negra égrène ses pérégrinations méditatives. Le tout ponctué par les percussions fines de Hussein Zahawy et de Keyvan Chemirani. » – Eliane Azoulay, Télérama, septembre 2013.

Ici, avec un peu de pain sous les branches, une cruche de vin, un livre de Vers, et toi, chantant près de moi dans la solitude sauvage, oh ! cette solitude serait pour moi un paradis ! (Illustration : Edmond Dulac, 1909)

Ici, avec un peu de pain sous les branches,
Une cruche de vin, un livre de Vers, et toi,
Chantant près de moi dans la solitude sauvage,
Oh ! cette solitude serait pour moi un paradis !
(Illustration : Edmond Dulac, 1909)

 

Qui veut lire ou télécharger les Rubaiyat d’Omar Khayyam cliquera ICI

Dialogues de civilisations (7ème partie)

Ce matin encore, je ne connaissais pas Beshar Al Azzawi, chanteur et guitariste iraquien. Mais ça, c’était avant qu’un très heureux hasard (et la flemme de finir une de mes stupides revues de presse) ne me guide vers lui.

Les autres « Dialogues de civilisations » sont aussi bien ICI que LA.