Wovenhand

La moitié d’un duo

Vous vous souvenez des Milk Carton Kids, duo dont j’avais osé comparer les harmonies vocales à celles des Byrds ou de Crosby, Stills and Nash ? Eh ben, les revoilà. Enfin, les revoilà en partie : n’ayant pu trouver une vidéo de qualité dans laquelle ils interprètent ensemble, et en live, l’envoutant morceau intitulé « Laredo », j’ai dû me rabattre sur un enregistrement de la même chanson par le seul Kenneth Pattengale, guitariste solo de la remarquable paire.

Au diable l’avarice : voici la version enregistrée en duo, en 2011, pour l’album « Retrospect » (à cette époque, les deux musiciens se présentaient encore sous leurs noms personnels et non comme les Milk Carton Kids). J’ai tendance à préférer celle-ci.

Lève-toi et folk

Il y a deux types de l’autre côté de l’océan Atlantique qui, mine de rien, sont en train de ressusciter la folk et la délicatesse (oui, la délicatesse – quelqu’un se souvient de ce mot aujourd’hui tombé en désuétude ?) Ils s’appellent les Milk Carton Kids et, pour trouver des mélodies et des harmonies vocales d’une élégance et d’un raffinement comparables, je crois bien qu’il faut remonter aux Byrds ou à Crosby, Stills and Nash.

Pour info, sachez que leurs deux premiers albums sont en téléchargement gratuit sur le site officiel

Americana bis

Après l’intense Shakey Graves, voici l’intense Parker Millsap, des boutons d’acné sur le visage et une maîtrise qui laisse à penser qu’il a vécu plus longtemps, et plus souvent, que des types deux fois plus âgés que lui. Le talent de ce jeune homme est époustouflant.

Contrairement au monde qui l’entoure, l’Americana (fusion de différents styles américains) a un putain de bel avenir devant elle.

Musique !

Je kiffe Graves

Après avoir planché quelques minutes sur une introduction qui rende à Shakey Graves (né Alejandro Rose-Garcia) l’ardent hommage qu’il mérite indéniablement, j’ai fini par arriver à la conclusion que je ne ferais jamais mieux ni plus imagé qu’une youtubeuse particulièrement enthousiasmée par la délicieuse expérience : « I need to remove my panties. »

Le musicien qui n’amassa pas mousse

Billie Joe Becoat, à l’image de Sixto Rodriguez, est un musicien américain des années 60, plutôt talentueux, que le succès a complètement déserté.

Mais la comparaison avec Rodriguez s’arrête là car Becoat, contrairement à son alter ego, n’a jamais connu et ne connaîtra probablement jamais de miraculeux retour en grâce. Il n’est aucun public, dans quelque pays lointain, qui l’ait secrètement maintenu en vie et ses chances d’être libéré un jour prochain des oubliettes de l’industrie de la musique pour être ramené sous les feux de la rampe sont inexistantes.

Becoat, dont la discographie a disparu de tous les catalogues, baigne dans une telle obscurité, est le sujet de tellement peu d’articles que découvrir avec certitude ce qu’il est advenu de lui après que ses deux albums aient fait un flop n’est pas franchement simple. Si, pour Rodriguez, la difficulté consiste à faire la part entre les faits et la légende, il en va tout autrement pour Beacot car, dans son cas, il n’existe presque aucune info. Et encore moins de légende. La quête de ce musicien mène le chercheur qui ne dispose que d’Internet pour arriver à ses fins sur un territoire de rumeurs, de on-dit et de ouï-dire qui, bien que rares, sont autant de buissons épineux auxquels il s’accroche inutilement.

Je vais vous faire grâce du ragot selon lequel Becoat, incapable de s’acclimater à quelque boulot « normal » que ce soit, serait devenu un musicien des rues. Cette version, aussi romantique soit-elle et aussi probable puisse-t-elle paraitre de prime abord, ne repose sur rien, hormis sur ce qu’un critique a supposé du caractère du musicien à l’écoute de ses textes vingt ou trente ans après leur composition.

Il se pourrait fort, voyez-vous, que la vérité soit bien plus prosaïque : si l’on doit en croire des journaux consacrés aux brevets techniques, un obscur magazine de sports et un annuaire de l’Illinois, Billie Joe Becoat serait finalement devenu l’inventeur d’un vélo à deux roues motrices.

Rembobinons la vie de Becoat et reprenons-la en lecture normale, telle que je crois l’avoir très approximativement reconstituée d’après la poignée de sources susmentionnée : vers 1970 ou 1971, déçu par l’insuccès de ses deux albums et par la Californie, grillé par l’abus de LSD, incapable d’écrire une ligne ou d’imaginer un accord, sans plus de maison ni peut-être d’argent, Billie Joe Becoat reprend le chemin de son Illinois natal avec sa femme et sa fille. Après avoir exercé différents métiers ayant apparemment trait à la mécanique ou à la construction, il a un jour une illumination en réparant le vélo de son fils : inventer une bicyclette à deux roues motrices. Ce que, si l’on en juge par le dépôt de plusieurs brevets dans les années 80 et 90 et les plans ci-dessous, il réussit parfaitement (il se pourrait toutefois, pour autant que je sache lire des brevets et que ceux que j’ai vus aient été à jour, que les frais afférents, malgré des rappels et un délai de grâce, n’aient pas été renouvelés au bout de 4 ans comme la loi l’exigeait. Ce qui, à priori, ne ressemble pas à une bonne nouvelle. A noter toutefois que, selon une gazette locale de l’Indiana, tout allait bien pour lui en 2007).

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Mais, pour en revenir à sa musique, car c’est cela qui nous intéresse au-delà de ce que fut ou ne fut pas sa vie, Becoat a donc publié deux albums, l’un – que je possède – en 1969 (Reflections From A Cracked Mirror) et l’autre, dont j’avoue n’avoir découvert l’existence que ce matin, en 1970 (Let’s Talk For A While). Ces deux albums ne sont, à ma connaissance, disponibles nulle part, ni en CD ni au téléchargement (sauf, peut-être, au téléchargement illégal – et encore, je ne parierais pas ma chemise que vous les y trouviez. En tous cas, pas sans difficulté). Il n’y a plus guère que sur le marché du vinyle d’occasion que l’on puisse, si l’on a le cul vraiment bordé de nouilles, s’en procurer un des rares exemplaires existants.

La bonne nouvelle (il en faut une, non ?), c’est que, ce matin, assez persuadé que je ne contrevenais à aucune loi puisqu’il n’est plus sur aucun catalogue, j’ai mis la totalité de Reflections From A Cracked Mirror en ligne sur YouTube. Je vous en livre ici deux morceaux, parmi mes préférés. Vous pourrez toujours aller sur mon compte Youtube pour écouter les huit autres morceaux de l’album si l’entrée que je vous propose maintenant vous titille les papilles.

Sunhouse, une comète a traversé le ciel

Le « grand public » ne s’en rendra probablement jamais compte mais Crazy On The Weekend, le seul album qu’ait enregistré le très éphémère groupe anglais Sunhouse est, à mon humble avis, un des meilleurs albums de folk/folk-rock des années 90. C’est en tous cas l’un des plus poignants et des plus sincères d’une décennie qui fut somme toute assez riche en bonnes surprises, un de ces disques qui, si vous y succombez, vous hantera pendant longtemps.

Gavin Clark, chanteur et parolier du groupe, a une voix telle qu’il pourrait psalmodier l’annuaire téléphonique et toucher ses auditeurs en plein cœur.

Sachez que cet album, supprimé de tous les catalogues, n’est plus disponible qu’en CD d’occasion ou au téléchargement (payant de préférence – en peer-to-peer, il n’existe quasiment aucune source). Il se trouve toutefois que je le possède depuis sa sortie en 1998 (grâce à un Britannique anonyme rencontré dans un petit café du nord de la Thaïlande) et que je me ferai un plaisir de l’envoyer (en deux ou trois mails compte tenu de la taille) à qui m’en fera obséquieusement la demande sur formulaire officiel.

The city lights flick to display
Bang there goes another day
The believers in the basement
They are singing songs about a way
To be reborn and regenerate
But none of this communicates to me

Up here on the second floor
I’ve forgotten what I’m waiting for
A friend, a brother, mother, woman
Maybe
But I have all these in this sulphate
Emotionless and considerate
To me

And it’s a hard sun
A hard sun that
’s been beating on my back
It’s a hard sun
That shines its light on me

It’s a hard sun
A hard sun that
‘s been beating on my back
It’s a hard sun
That shines its light on me

The silver clock chimes off again
Reminds me of my childhood pain
And the burden that was lifted
When I made it to the city
Disillusioned and full of hate
But a member of the mother state and free

At empty walls I sit and stare
I sense a feeling in the air
In the throes of thought I wonder
Can I make it on my own
But, deep down in my heart I know
That I ain’t never, ever going home

And it’s a hard sun
A hard sun that
‘s been beating on my back
It’s a hard sun
That shines its light on me

It’s a hard sun
A hard sun that
‘s been beating on my back
And it’s a hard sun
That shines its light on me

Le musicien qui cassait des briques

Sixto Rodriguez n’est certainement pas un nom que la plupart d’entre vous a déjà entendu au détour d’une conversation. Je dois même pouvoir dire, de manière plus négative, sans guère de crainte de beaucoup me tromper, que l’immense majorité des lecteurs de ce blog ne savait même pas qu’il existait ici-bas un individu affublé de ce nom.

Si toutefois il est des exceptions à cette règle que je viens de brutalement asséner, qu’elles tirent gloire d’appartenir au cercle des initiés.

Que les ignorants, eux, se rassurent. La lumière s’apprête à descendre sur eux et, ignorants, ils ne le seront plus dès le paragraphe qui suit immédiatement celui-ci.

Sixto Diaz Rodriguez, plus inconnu sous le nom de Rodriguez, est un guitariste et chanteur américain d’origine mexicaine. Et, guitariste et chanteur, il l’a toujours été. Même quand il devait casser des murs dans l’hiver de Detroit pour gagner sa croute.

Cet artiste, dont les intonations et les paroles ne sont parfois pas sans évoquer du grand Bob Dylan, a sorti, après un premier single en 1967, deux albums : Cold Fact (1970) et Coming From Reality (1971). Dans les deux cas, ce fut un flop. Un immense flop. Un des plus grands flops de l’histoire de la pop music américaine. A peine quelques dizaines d’albums vendus. Aucune promotion digne de ce nom. Aucun passage à la radio. Aucun écho. Rien.

De New York à San Francisco, ce fut le bide total.

L’enregistrement d’un troisième album sera finalement abandonné et Sixto, lourdé par son label. Celui qui vient de la vraie vie renonce alors à toute velléité artistique et retourne à la vraie vie. Il loue ses bras sur des chantiers, démolit, rénove, soulève, transporte, trouve dans sa pauvreté les moyens d’assurer une bonne éducation à ses trois filles, s’inscrit en fac, démolit, rénove, soulève, transporte, décroche une licence en philosophie, se présente sans succès à la mairie de Detroit et donne dans l’action sociale en faveur des pauvres. Mais, par-dessus tout, il se casse le cul sur des chantiers de construction pour échapper lui-même à la misère dont Detroit, cité sinistrée, est si fertile.

Cependant, ailleurs, et notamment dans quelques pays de l’hémisphère sud (Australie, Nouvelle-Zélande, Afrique du Sud et Rhodésie entre autres), même si le principal intéressé n’en sait d’abord rien, il se trouve que ses albums se vendent très bien (qui a ramassé le pactole qui aurait dû échoir à Rodriguez ?)

A la fin des années 70 et au début des années 80, après la réédition remarquée quelques années auparavant de ses deux albums par un label australien (les imports venus des USA, albums qui pourrissaient dans un entrepôt new-yorkais, s’étaient vendus en quelques semaines en 1976), Rodriguez connait un premier retour en grâce et fait quelques tournées aux Antipodes (dont une, excusez du peu, en première partie de Midnight Oil) avant que de rentrer à Detroit où il se remet à casser des cloisons à grands coups de masse et où la plupart de ses collègues, de ses voisins, des patrons et des clients des bars qu’il fréquente parfois en soirée ne sait rien de sa discographie. D’aucuns, qui lui servent des bières ou le croisent à la nuit tombée quand il arpente sans relâche les rues obscures, le tiennent même pour un vagabond sans famille, pour un journalier qui navigue de refuge en abri et d’abri en refuge.

Pendant ce temps-là, en Afrique du Sud (où ses deux albums mort-nés ont mystérieusement voyagé), et sans que Rodriguez ne se doute de quoi que ce soit ou n’en profite financièrement, il est une certaine jeunesse blanche qui l’admire depuis le début des années 70. Fatiguée de la censure et de l’apartheid, celle-ci entend dans les textes souvent politiques de Rodriguez – textes desservis par une belle voix très Sixties – un écho à sa propre indignation. Ici, c’est le mot « sex », habituellement banni dans l’Afrique du Sud de la ségrégation et du puritanisme, qui titille les auditeurs. Là, c’est la révolte pleine et entière contre l’Establishment qui inspire une nouvelle génération de musiciens afrikaners.

Ce n’est qu’en 1998, alors qu’il est très certainement occupé à démolir quelque pan de mur récalcitrant dans un quartier moisi de Detroit, que la fille aînée de Rodriguez tombe sur un site web sud-africain consacré à son père. Elle contacte alors les créateurs de ce site et découvre, abasourdie, éberluée, que, depuis plus de deux décennies, son géniteur est, en Afrique du Sud, une star qui fait jeu égal avec des calibres comme Dylan ou Elvis. Elle découvre par la même occasion que ces Blancs sud-africains qui vénèrent son père ne savent absolument rien de lui, de son anonymat total dans son pays natal et de la vie très modeste qu’il mène depuis pas loin de 30 ans. Pire encore, elle apprend que l’Afrique du Sud – qui, pour cause d’embargo et d’isolement, n’a jamais entendu parler des tournées australiennes de Rodriguez des années 79 et 81 – tient son père pour mort (c’est du reste pour tenter d’élucider les circonstances de sa mort – que l’on suppose être un suicide sur scène, en plein concert – que des fans ont créé le site web).

Contact est pris le jour-même. Rodriguez est invité en Afrique du Sud par les créateurs du site. Au téléphone, on lui parle d’une tournée. L’artiste subitement ressuscité pour la deuxième fois de sa vie, mais qui n’a pas encore bien pris la mesure de la popularité assez incroyable dont il jouit à l’autre bout de la terre, débarque finalement en Afrique du Sud dans les premiers jours de mars 1998 avec deux de ses filles, trois sacs et une guitare pour donner ce qu’il imagine être un ou deux récitals acoustiques dans de petites salles obscures devant quelques dizaines de personnes. Mais, à son immense surprise, ce sont trois limousines, des producteurs, des journalistes et une poignée d’inconditionnels qui l’attendent à l’aéroport. Sur la route qui le mène vers la luxueuse suite qu’on lui a réservée, tous les lampadaires s’ornent d’affiches annonçant ses concerts : six concerts à guichets fermés devant des dizaines de milliers de fans extatiques, bouleversés de se retrouver face à ce prophète que, depuis 25 ans, ils croyaient mort et enterré ; six concerts pour lesquels Rodriguez, qui n’a bien évidemment pas de musiciens, sera accompagné par un des groupes sud-africains les plus populaires ; six concerts pétris d’émotion pendant lesquels, touché en plein cœur par les hurlements de bonheur de la foule, sans jamais lâcher sa guitare, Rodriguez ne cesse d’arpenter la scène d’un bout à l’autre et de descendre dans la fosse parmi le public pour remercier l’Afrique du Sud de l’avoir secrètement maintenu en vie. L’ouvrier de Detroit embrasse, joint les mains, fait et refait la révérence, contient son cœur qui s’agite. Il est enfin redevenu ce qu’il n’aurait jamais dû cesser d’être : un musicien sur une scène.

La suite de l’histoire de Rodriguez, que je n’ai fait qu’effleurer parce qu’il n’est pas question que je vous mâche tout le travail (et parce qu’il n’est pas toujours facile de séparer les faits de la légende), c’est à vous de la découvrir et, à mon avis, il n’est pas meilleur point de départ pour cela que la page Wikipédia qui lui est consacrée. Vous pourrez ensuite passer à Searching For Sugar Man, un documentaire sorti l’an dernier et qui, malgré quelques malhonnêtetés/omissions dans sa relation de l’histoire de Rodriguez, n’en reste pas moins de qualité (vous garderez cependant à l’esprit que ce documentaire pas toujours intègre et qui ne répond pas à toutes les questions qu’il pose n’est consacré qu’à la quête de Rodriguez par une poignée de fans sud-africains et non à la « carrière » de celui-ci et vous lui accorderez également comme autre circonstance atténuante de permettre aux Américains et aux Européens de découvrir enfin, avec quarante ans de retard, un artiste qu’ils n’auraient jamais dû ignorer). Vous y rencontrerez, près d’un antique poêle à bois qu’il attise avec un bout de carton déchiré, un homme charmant, discret, philosophe et modeste qui, malgré qu’il touche enfin un peu d’argent de sa musique et enchaîne maintenant les tournées (il sera en France au mois de juin), continue à vivre dans le même petit pavillon dont la peinture s’écaille, de la manière dont il a toujours vécu.

Je vous engage surtout très fortement, parce qu’il n’y a au final que cela qui importe vraiment, à écouter ses deux albums (désormais assez faciles à trouver). Si l’un et l’autre ont, pour moi au moins, ont un je-ne-sais-quoi d’inachevé ou de produit à la va-vite (qui n’est toutefois pas sans charme et procède peut-être même d’une sobriété voulue), ils recèlent des chansons qui en disent long sur le potentiel énorme de l’auteur-compositeur. Sur le premier album, au moins quatre morceaux – ce n’est pas rien, putain – avaient presque tout ce qu’il fallait pour devenir des tubes nationaux. Le deuxième et dernier opus, bien qu’assez différent, n’est pas pour autant en reste de morceaux attachants. Cause, entre autres, me touche particulièrement.

Bref, vous l’aurez compris, Rodriguez est, à 70 ans, de retour d’entre les oubliés et les arnaqués et ce serait vraiment dommage de lui fermer une fois de plus la porte au nez.

Voici, en guise d’introduction pour ceux qui ne le connaissent pas encore, trois de ses chansons. Elles proviennent respectivement du premier, du deuxième et, pour autant que je le sache, du troisième album resté inachevé. Les fauchés qui souhaiteraient en entendre plus sans pour autant acheter les albums pourront toujours fouiller Youtube (où la presque totalité de son œuvre est disponible) ou me contacter directement (je possède les deux albums et quelques singles).

 

 

3 minutes et 3 secondes de bonheur

Merde, pas de demi-mesures aujourd’hui, soyons carrément positifs et permettez-moi donc de vous offrir dans cet esprit nouveau, une des plus belles voix de la musique folk. Non. La plus belle voix.