Palestine, 1919

Je ne sais pas grand-chose de ces photos, hormis qu’elles ont toutes été prises en Palestine en 1919. En fait, j’en sais tellement peu que je serais même incapable de vous dire comment j’en suis venu, hier ou avant-hier, à m’y intéresser. Je crois me rappeler avoir suivi un jeu de piste qui a débuté sur le mur Facebook d’un ou d’une amie mais je n’en mettrais pas ma main au feu. Par contre, je me souviens très bien du coup de foudre que j’ai éprouvé lorsque je les ai finalement découvertes en grand format sur un site russe. A votre tour, maintenant, de tomber sous le charme.

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem, Porte de Damas

Jérusalem, Porte de Damas

Jérusalem

Jérusalem, Via Dolorosa

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem

Jérusalem, vieux juif

Jérusalem, vieux juif

Vallée du Jourdain

Vallée du Jourdain

Paysan, Ramallah

Paysan, Ramallah

Près de la Mer morte ?

Près de la Mer morte ?

1919_Palestine_Caravane

1919_Palestine_Charpentier

Charpentier

Bethléem

Bethléem

Berger

Berger

Nacktkultur

Si vous entrez le nom de Gerhard Riebicke dans un moteur de recherche et que, parce que vous ne lisez pas l’allemand, vous vous en tenez au français et à l’anglais, vous ferez très certainement remonter à la surface un certain nombre de photographies en noir et blanc ou en sépia mais assez peu d’éléments biographiques (Riebicke n’a pas de page sur Wikipédia, quelle que soit la langue consultée).

De cet individu, j’ai appris peu de choses, hormis qu’il naquit en 1878, qu’il poussa son dernier soupir en 1957 et que, notamment dans les années 20 et 30, il photographia les nudistes allemands non sans une certaine compulsivité. Je suppose que, comme beaucoup d’Allemands de l’époque versés dans le naturisme, Riebicke fut fortement influencé par Nacktkultur (Culture du nu), un ouvrage publié en 1893 par Heinrich Pudor – un type de par ailleurs tellement taré que, plus tard, il alla jusqu’à soupçonner les nazis de tolérance envers les juifs.

Je n’en mettrais pas ma main au feu mais il m’a semblé comprendre de quelques documents allemands que j’ai rapidement consultés que Riebicke fut l’illustrateur d’un autre grand best-seller du naturisme allemand : Der Mensch und die Sonne (L’Homme et le soleil) d’Hans Suren. Publié pour la première fois en 1924, cet ouvrage fut révisé en 1936 afin d’inclure quelques délires raciaux et de nombreuses citations tirées de Mein Kampf. La nouvelle version, intitulée Mensch und Sonne – Arisch olympischer Geist (Homme et soleil – L’esprit olympique aryen), fut très appréciée du Führer.

Der Mensch und die Sonne

Le naturisme, tellement en vogue dans l’Allemagne pré-hitlérienne qu’il avait ses écoles, ses centres (plutôt socialistes) et ses magazines, fut d’abord interdit par un arrêté de 1933 (« Le naturisme supprime la pudeur naturelle de la femme et ôte à l’homme tout respect de la femme, portant de ce fait atteinte aux fondements de toute culture digne de ce nom », disait Herman Goring) pour finalement être toléré en 1935, notamment sous l’influence d’Hans Suren qui adhéra au parti nazi dès 1933. Devenu « Commissaire spécial pour l’éducation physique » pendant les Jeux olympiques de 1936, ce dernier n’eut de cesse de prôner un naturisme national propre à mettre en valeur la pureté de la race allemande (accusé en 1941 de s’être masturbé en public, Suren finira par ne plus être en odeur de sainteté auprès des nazis). Enfin, en 1942, tant le nudisme servait si bien le culte de la beauté si cher au disgracieux Adolf et les fumeuses théories sur la supériorité absolue de la race aryenne, les nazis finirent par le légaliser.

Je ne saurais vous dire, par manque d’infos, si Gerhard Riebicke adhéra au nazisme et souscrivit, d’une manière ou d’une autre, à la folie qui gangréna puis dévasta son pays. Mais, ce dont je puis cependant être raisonnablement certain, c’est qu’il ne s’éleva pas contre le nazisme puisqu’il put tranquillement poursuivre sa carrière de photographe sous le Troisième Reich (j’en veux pour preuve des photographies de sportives datées des années 1940 que j’ai aperçues ici et là sur la Toile et le fait qu’il publia à Berlin, en 1942, un livre consacré au sport).

Les nus de Riebicke sont intéressants en ce sens qu’ils sont souvent singulièrement dépourvus de naturel. L’essentiel de ses clichés est presque toujours le résultat d’une lourde mise en scène, d’une chorégraphie évidente. Bien que certains soient indéniablement joyeux, ils manquent cruellement de spontanéité. Ce qui, de toute façon, n’est guère surprenant si l’on songe que Riebicke n’avait pas pour objectif de saisir de l’éphémère mais d’illustrer un certain hygiénisme.

Quoi qu’il en soit, les photographies ci-dessous, que je crois toutes prises dans les années 20 et 30, sont aujourd’hui pour nous l’occasion, sous d’astucieux prétextes historique et culturel, de mater de la croupe germanique, du téton teuton et de l’entrecuisse frisé en veux-tu en voilà sans que personne ne puisse nous accuser de nous adonner à de la vile pornographie.

Gerhard Riebicke 1Gerhard Riebicke 2Gerhard Riebicke 3Gerhard Riebicke 4Gerhard Riebicke 5Gerhard Riebicke 6Gerhard Riebicke 7Gerhard Riebicke 8Gerhard Riebicke 9

Le passage et l’interruption

Ah, je vois que notre voiture est maintenant avancée. Entrons-y sans plus attendre. Ce blog est assez confidentiel pour que nous puissions tous nous y engouffrer et que notre escapade passe complètement inaperçue.

Sven Fennema_01

Où allons-nous ?

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Je ne sais pas vraiment. Notre destination, voyez-vous, est multiple et singulière, fabuleuse et véridique. Elle est dans l’espace et dans des recoins, dans le vide et dans la profusion, dans la démesure et dans l’infime. Elle est au-delà d’un interstice et dans la craquelure même. Elle vit dans le passage et dans l’interruption. Elle existe dans des intervalles et dans la continuation. Elle tient dans la superposition et dans le décalage. Nous en sommes séparés par un hiatus et par rien. Nous y rendre demande un transport ; y arriver est abandon.

Sven Fennema_02Sven Fennema_04

Notre destination est un château, un asile, un hôpital, un dépotoir d’enfants, un couloir, un escalier, une marche, une déambulation, des bruits de pas, une jungle emmurée, une bibliothèque de la mort, un fauteuil grippé, des mouvements pétrifiés, un ventre chaud, un cœur glacé, l’intérieur d’une veuve énamourée, le fauteuil du pasteur qui l’aima et en abusa, le silence de l’enfant coupable que l’on noya, l’ascension de sa respiration transparente, l’éclosion de son agonie muette à la surface de l’eau claire, un clapotis, un bruissement, un éclat, une lumière, un fragment d’obscurité, une valse d’ombres, un kaléidoscope de noirceurs et de clarté, des échos flottants que tamise un nuage de poussière en suspension…

Et des bocaux oubliés près d’une fenêtre qui donne sur soi-même.

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Ces superbes photos, et bien d’autres encore, sont de Sven Fennema et sont reproduites ici avec sa très aimable permission.

Je vous invite bien sûr à visiter sans délai LIVING PICTURES, son extraordinaire site web, et je puis vous assurer que vous ne regretterez pas le détour.

Bénarès (revu et, peut-être, corrigé)

Bon voilà, ce que j’ai fait tient en quelques mots : j’ai pris des images de Bénarès tournées en 1931, à une époque où les Britanniques se croyaient encore les maîtres, j’ai supprimé le commentaire condescendant et quelque peu erroné qui les accompagnait pour lui substituer le sublime A Meeting By The River de Ry Cooder et V. M. Bhatt  puis, content de moi (mais je le serais à moins), j’ai mis le tout en ligne sur Youtube où, après une brève hésitation, j’ai fini par troquer le noir et blanc originel pour un sépia qui me plaisait plus.

Et, maintenant, il ne me reste plus, alors que je décapsule ma troisième bière, qu’à vous livrer la tambouille (dont Youtube me dit déjà qu’elle est interdite au Royaume-Uni. Ha ha !)

Vous trouverez la vidéo non retouchée ICI

Epecuén-Ville

J’aime les lieux abandonnés. J’aime les villes, les villages et les hameaux désertés. Il n’est sur terre, aussi élégante et chaleureuse soit-elle, aucune localité toujours habitée qui ait le pouvoir d’autant éveiller mes sens et mon imagination. J’échangerais volontiers, sans la moindre hésitation et sans le plus petit regret, un retour pourtant espéré à Luang Prabang ou dans le vieil Hanoï contre un séjour muet à Hashima ou contre quelques déambulations feutrées dans la poussière dorée de Bodie ou de Kolmanskop.

J’aime la candeur et la sérénité qui sont les ultimes attributs des lieux à l’abandon autant que je peux parfois haïr l’insolence, l’ostentation et la gloriole des peuplements enfiévrés qui sont encore.

Envolons-nous maintenant vers les rives du lac Epecuén, en Argentine.

Epecuén-Ville, que l’on baptisa ainsi pour lui donner un parfum français, était une station thermale située sur les rives du lac éponyme, à cinq ou six cents kilomètres au sud-ouest de Buenos Aires. Elle fut fondée dans les années 1920 et, très vite, devint un lieu de villégiature célèbre pour ses eaux salées (seule la Mer morte a un taux de salinité supérieur) dont on dit qu’elles soignent les rhumatismes, les maladies de peau, l’anémie, l’obésité, le diabète et quelques autres affections débilitantes.

A son apogée, dans les années 70, la ville abritait environ 5 000 résidents permanents, comptait bon nombre d’hôtels (on parle de 200), de restaurants et de commerces en tous genres, était desservie par le chemin de fer et accueillait chaque été 30 000 touristes aisés venus de toute l’Amérique du Sud et d’ailleurs. Elle possédait également des équipements sportifs bien supérieurs à ceux d’autres villes d’Argentine. Le niveau de vie y était un des plus élevés du continent.

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Tout alla pour le mieux à Epecuén tant que les canaux et les bassins creusés pour réguler les eaux du lac furent entretenus et contrôlés. Tout alla pour le mieux jusqu’au coup d’état de 1976 (après lequel il semblerait que le système hydraulique ne fut plus guère géré) et jusqu’à que des pluies diluviennes ne tombent sans interruption ou presque, pendant des années, sur les montagnes environnantes et ne dévalent les pentes. Année après année, averse après averse, le niveau de l’eau monta. Cinquante centimètres, une année ; soixante, une autre. En 1985, il atteignit le sommet de la digue de terre et de pierres qui protégeait la ville et qui, finalement, céda le 10 novembre (par une journée ensoleillée si je dois en croire une photo de l’évacuation).

En quelques heures, une bonne partie de la ville fut envahie par les eaux, des eaux qui, au fil des ans, ne cessèrent de monter. Trois mètres. Six mètres. Huit mètres. En 1993, la station balnéaire était une Atlantide qui sommeillait par dix mètres de fond.

Puis le climat changea, le déluge cessa et, en 2008 ou 2009, les eaux commencèrent à refluer, dévoilant une Epecuén-Ville brisée et recouverte d’une croûte de sel.

(Photo: Juan Mabromata)

(Photo: Juan Mabromata)

Photo: Juan Mabromata

Photo: Juan Mabromata

Photo: Juan Mabromata

(Photo: Juan Mabromata)

(Photo: inconnu)

(Photo: inconnu)

(Photo : Sebastian Schwalb)

(Photo : Sebastian Schwalb)

(Photo : Sebastian Schwalb)

(Photo : Sebastian Schwalb)

(Photo : Alberto Claveria)

(Photo : Alberto Claveria)

(Photo: Juan Mabromata)

(Photo: Juan Mabromata)

Au jour d’aujourd’hui, Epecuén compte un seul et unique habitant. Il s’appelle Pablo Novak et a 82 ans.

(Photo : Jose Carrizo)

(Photo : Jose Carrizo)

Photographies d’Epecuén par Juan Mabromata, Sebastian Schwalb et Alberto Claveria

Enfants d’une révolution

Newcastle, années 1870.

Lieu ou époque, nous sommes au cœur de la Révolution industrielle. Celle qui va transformer artisans et paysans en ouvriers calibrés, en employés identiques et interchangeables ; celle qui va faire exister les sots métiers.

A Newcastle et dans sa région, la grise Angleterre produit, fabrique, fait, refait, martèle, assemble, répète. Produit, fabrique, fait, refait, martèle, assemble, répète.

L’essor, la richesse et l’espoir sont des appeaux puissants. Les hommes se déracinent et transportent leurs vies dans les faubourgs ternes de la ville. Ils arrivent, balluchons pleins et mains vides, des campagnes environnantes, d’Irlande ou d’Ecosse. Ils viennent maquiller leurs joues rouges de poussière de charbon. Ils viennent s’échouer dans les chantiers navals, ils viennent souder, visser, lancer les navires qui firent et tinrent trop longtemps l’Empire britannique. Ils viennent fixer, riveter des barres, des plaques, des lames, des fûts, des engrenages, des ressorts, des essieux qui seront turbines à vapeur, locomotives, canons, fusils ou machines-outils.

Mais ce qui fait la richesse d’une nation et l’opulence de ses élites, c’est là un principe de vases très peu communicants sans lequel le « miracle économique » est impossible, ne saurait faire le bien-être des masses qui soulèvent la nation et ses élites et les supportent à bout de bras. La fortune et la gloire des unes ne pourraient exister sans la pauvreté des autres.

A Newcastle, comme dans tous les grands centres industriels d’Europe, les salaires de la main-d’œuvre, notamment grâce à une savante dose de chômage, étaient maintenus au plus bas. Se nourrir, se vêtir et se garder en bonne santé, que l’on trimât dans quelque usine ou que l’on traînât dans les rues, étaient un défi de tous les jours.

Newcastle 1

Et, misère oblige, les enfants de la Révolution industrielle, les enfants des déracinés devenus ouvriers ou clochards urbains, les enfants qui ne vendaient pas de l’alcool sur un marché ou des cacahuètes à quelque coin de rue, devaient voler, devaient dérober le tout et le rien qui permettraient à leur famille de parcourir quelques jours de plus : des vêtements, des chaussures, des bouts de métal, deux pièces par-ci, trois par là.

Newcastle 2Newcastle 3

L’Angleterre victorienne, l’Angleterre victorieuse ne faisait aucun cadeau, ne reconnaissait aucune circonstance atténuante aux enfants qu’elle surprenait à chaparder. Quel que fût leur âge, ils écopaient de coups de fouet ou d’une condamnation aux travaux forcés (à la suite de quoi, ils étaient parfois envoyés pour plusieurs années dans des maisons de correction).

Voici quelques photos d’identité judiciaire prises par la police de Newcastle dans les années 1870. Celles-ci ont été publiées pour la première fois cette semaine par Tyne and Wear Archives and Museums.

Ellen Woodman, 11 ans. Condamnée à une semaine de travaux forcés pour vol de métal sur un chantier naval.

Ellen Woodman, 11 ans. Condamnée à une semaine de travaux forcés pour vol de métal sur un chantier naval.

Rosanne Watson, 13 ans. « Complice » d’Ellen Woodman, elle fut condamnée à la même peine que son amie. Un article de l’époque suggère toutefois que les deux gamines, loin d’être des voleuses, ne faisaient que jouer sur le chantier naval où elles furent arrêtées.

Rosanne Watson, 13 ans. « Complice » d’Ellen Woodman, elle fut condamnée à la même peine que son amie. Un article
de l’époque suggère toutefois que les deux gamines, loin d’être des voleuses, ne faisaient que jouer sur le chantier naval où elles furent arrêtées.

Henry Miller, 14 ans. Condamné à deux semaines de travaux forcés pour vol de vêtements.

Henry Miller, 14 ans. Condamné à deux semaines de travaux forcés pour vol de vêtements.

Jane Farrell, 12 ans. Condamnée à 10 jours de travaux forcés pour le vol de deux bottes.

Jane Farrell, 12 ans. Condamnée à 10 jours de travaux forcés pour le vol de deux bottes.

James Donneley, 16 ans. Condamné à deux mois de travaux forcés pour vol de chemises.

James Donneley, 16 ans. Condamné à deux mois de travaux forcés pour vol de chemises.

James Scullion, 13 ans. Condamné à 14 jours de travaux forcés pour vol de vêtements.

James Scullion, 13 ans. Condamné à 14 jours de travaux forcés pour vol de vêtements.

Catherine Kelly, 17 ans. Condamnée à 3 mois de prison pour vol de draps de lit.

Catherine Kelly, 17 ans. Condamnée à 3 mois de prison pour vol de draps de lit.

Vieil Istanbul / Eski İstanbul

Istanbul d’antan en dix photos. Istanbul à une époque durant laquelle voyager avait encore un sens, voyager était toujoursune aventure. A une époque durant laquelle vivre avait peut-être même une odeur plus suave.

Ces photos m’ont été fournies par Hêlîn Genç, une âme du lieu. Qu’elle soit mille fois remerciée.

Rêvez un peu.

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Grandeur et décadence d’une cité

Ces photos, œuvres d’Yves Marchand et Romain Meffre, sont tirées de l’exposition « The Ruins of Detroit », visible jusqu’au 15 septembre à la Galerie Wanted (23, rue de Sicile, Paris). Si, à l’image de dizaines de millions de gens, vous n’habitez pas Paris ou son épouvantable région, je vous invite à visiter leur site web, où vous trouverez d’autres photos aussi poignantes que celles-ci.

With many thanks to Russell.

United Artists Theater

United Artists Theater

Fisher Body 21 Plant

Fisher Body 21 Plant

Ballroom, Lee Plaza Hotel

Ballroom, Lee Plaza Hotel

Bagley-Clifford office of the National Bank of Detroit

Bagley-Clifford office of the National Bank of Detroit

Ballroom, American Hotel

Ballroom, American Hotel

Room 1504, Lee Plaza Hotel

Room 1504, Lee Plaza Hotel

18th floor dentist cabinet, David Broderick Tower

18th floor dentist cabinet, David Broderick Tower

Vanity Ballroom

Vanity Ballroom

 

Déserts intérieurs (Kolmanskop)

Après l’île d’Hashima, découverte au hasard de pérégrinations sur la Toile, et Bodie, la plus célèbre ville-fantôme au monde, allons donc nous promener dans le désert de Namibie et, plus particulièrement, à Kolmanskop.

En 1908, alors qu’il travaille dans le coin (à la construction d’une voie ferrée, me semble-t-il), Zacharias Lewala, un ouvrier noir, découvre un diamant et s’empresse de le montrer à son superviseur, un Allemand du nom d’August Stauch.

La rumeur que la région regorge de diamants se répand et, très vite, des mineurs allemands affluent pour exploiter le gisement.

Les premiers d’entre eux font fortune et, bientôt, une ville typiquement allemande sort de terre. Moderne, elle dispose de nombre d’infrastructures et d’équipements que l’on ne s’attend pas forcément à trouver dans une localité perdue dans le désert : hôpital, salle des fêtes, centrale électrique, école, bowling, théâtre, salle de sports, casino, fabrique de glaçons, gare ferroviaire et, encore plus remarquable, le premier tramway d’Afrique et la première salle de radiographie de tout l’Hémisphère sud.

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Mais le déclin vient vite, aussi vite que la gloire. Les premiers signes de l’épuisement du gisement apparaissent dès la fin de la première guerre mondiale et, en 1954, la ville est définitivement abandonnée.

Depuis, elle est livrée au désert qui, peu à peu, grain après grain, reprend ses droits.

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